L'amour et la fidélité de Dieu... Psaume 89 - 1ère Partie

Mis à jour : juin 18






"je chanterai éternellement l’amour du Seigneur,

et de ma bouche je ferai connaître ta fidélité,

de génération en génération" Psaumes 89



Ouverture en apothéose.

C’est dans un témoignage de confiance et l’entrain d’une louange exaltée, que nous sommes invités à prier Dieu.


Pourtant, nulle légèreté, ce psaume est loin d’être une poésie romantique au sens courant, c’est au coeur d’une scène tragique qu’il s’élève vers Dieu.


Si la prière monte, et que le regard s’élève au ciel, c’est pour redescendre au milieu des cendres, et implorer à haute voix la délivrance.

C’est un amour qui, dans la confiance, émet une plainte.

C’est une méditation sur la souffrance et la vie humaine.



Pensez à cet athlète qui vient d’échouer sa course et crie de rage, se tient la tête, regarde le ciel d’un regard désespéré, puis soupire en laissant retomber ses bras au sol. « Comment est-ce possible… comment est-ce possible d’avoir échoué après tant d’efforts ? ».


Pensez à ces peuples qui en raison de la guerre, de la rage et de la violence, ou de catastrophes naturelles, fuient leur pays en masse pour trouver refuge, et arrivent aux portes de la déception. Comment est-ce possible d’échouer sur un navire sans destination, de n’affronter que rejet et mépris, après tant d’attentes et de promesses ?



Je me rappelle une chanson que j’écoutais enfant - sur 33T - et dont les paroles m’ont toujours marqué. Elle pense aux enfants d’Ethiopie, frappés par la détresse, dont les larmes et les sourires ont disparu :

embarqués sur un navire

qui n'a plus ni voiles ni rames,

attendent le vent …

Cette attente est celle d’Ethan, le psalmiste, qui se demande : pourquoi, comment est-ce possible…

Il attend le vent, mais n’a plus de voiles.

Il espère l’impossible.


Il nous invite à contempler les cieux, car c’est là que se trouvent les fondements éternels de l’amour et de la fidélité de Dieu (89.2).


C’est pour cela qu’il élève son regard et sa voix au ciel.

S’il a goûté à la douceur de vivre et aux bienfaits de Dieu, c’est pour ne connaître désormais que l’amertume, le regard étrange de ceux qui le repoussent ou le reçoivent avec méfiance. Le rejet, la honte.


« Tu as mis un terme à sa splendeur, Et tu as jeté son trône à terre;

Tu as abrégé les jours de sa jeunesse, Tu l’as couvert de honte. » (89.4-5)

Il nous invite à contempler les cieux, car c’est là que se trouvent les fondements éternels de l’amour et de la fidélité de Dieu (89.2).



Qui, dans le ciel, peut se comparer à l’Eternel? Qui est semblable à toi parmi les fils de Dieu?

La prière suit un mouvement descendant, qui rend honneur à la création et à la majesté des oeuvres de Dieu, pour se pencher sur le peuple qui l’invoque,

et sur l’homme façonné de ses mains.

Il crie au ciel en rappelant à Dieu deux choses: son amour, sa fidélité.


Deux mots qui reviennent ensemble dans le psaume à sept reprises, huit fois pour le second.

Deux mots qui résonnent dans tout l’ancien testament, et que les traducteurs s’évertuent tant bien que mal à adapter - cherchez dix bibles et vous ne retrouverez jamais le même couple de mots.

« Seigneur, où sont-ils donc, ton amour et ta fidélité ? »

Hesed - l’amour, la bonté, la miséricorde, la compassion divine

Omen - la fidélité, la vérité, la constance, la stabilité, le fait d’être digne de confiance et de foi. Dieu est fidèle. De là dérive notre « Amen ».

Si le psalmiste déclare sa confiance et sa louange à Dieu, c’est à cause de son expérience et de sa connaissance profonde de Dieu, en dépit de ses tourments.


Dieu est miséricordieux, compatissant, bon, il est amour.

Dieu est fidèle, digne de confiance, solide, nourricier, constant, il est vérité.


La vérité est celle d’une relation, pas celle d’une connaissance intellectuelle ou théologienne.

La vérité est celle d’une relation, pas celle d’une connaissance intellectuelle ou théologienne.


C’est la relation de l’enfant qui a confiance en sa mère et reçoit ce qu’elle dit comme certain et vrai. Il ne dit pas « Maman, je t’en prie, donne moi à manger car je sais que tu es capable de faire à manger, et tu ne mens pas. »

Non, il s’écrie, comme nos enfants, quand approche l’heure : « J’ai faim, qu’est ce qu’on mange ce midi ? »



C’est une évidence que nous allons manger, nous voulons juste savoir: « quoi » !.

C’est une évidence pour le fidèle que Dieu est compatissant, fidèle pour agir, nous voulons juste savoir: « quand » !.

Cette méditation sur le « quand », sur le temps qui s’écoule, interroge la condition humaine et sa fragilité.

Car la distance qui sépare les deux parties de cette relation est immense. La condition qui en résulte est tragiquement opposée.

D’un côté l’homme, roseau fragile, sans appui, dont la vie disparaît en un instant.

De l’autre Dieu, dont l’amour et la fidélité ont un fondement dans les cieux, lui vit de toute éternité.

Cette distance de l’homme jeté-là, cette souffrance de l’homme laissé-là, demeurent la réalité, et le mystère de l’expérience humaine.

Un mystère dont l’obscurité n’est percée qu’à la lumière du Christ.

Dans cette distance, le fidèle crie vers Dieu pour se faire entendre.

Dans sa souffrance, il fait appel à l’amour et à la fidélité de Dieu.


Car il sait en qui il a mis sa confiance..


« La justice et le droit sont le fondement de ton trône. L'amour et la fidélité vont devant ta face".

La suite du psaume dans la prochaine méditation.

Je vous invite à le (re)découvrir d’ici là.


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