Qu'est ce que le confinement nous a appris sur la louange et sur l'Eglise ?

Mis à jour : mai 4


Regine et la Benediction France

PSALT propose un regard sur la louange et les arts en France depuis un an, un bilan de l’expérience de l’Eglise durant les temps de confinement. Nous avons écrit cet article à l'occasion du temps de prière "Pray for France", en avril 2021. C’est la quatrième année que PSALT contribue à cette initiative de soutien des ministères en France.



Depuis un an, le monde des arts et de la culture, frappé d’interdit, a tenté de sauver et entretenir le lien avec son public, par tous les moyens. Des lieux emblématiques comme l’Opéra de Paris ou le Musée du Louvre sont allés jusqu’à rendre leurs programmes accessibles en ligne.


Malgré plusieurs belles initiatives, les artistes ont souvent mal vécu cette période. Goldman a brisé son long silence pour rendre hommage aux soignants, et nous avons vu des artistes improviser des concerts dans les transports en commun pour partager leur art en même qu'ils dénonçaient l'aberration de certaines restrictions sanitaires.


Dans l’Église, la révolution digitale a gagné les plus réservés. Mis au pied du mur, tous ont été poussés à investir le terrain numérique, pour cultiver le lien dans les communautés, véritable enjeu pour tous.


Enfermée, l’Eglise s’est ouverte.


Dans le domaine de la louange, comme dans nos Eglises, les communautés les plus médiatisées et visibles avant le confinement le sont devenues plus encore.



Enfermée, l’Eglise s’est ouverte.

Un chant du groupe Elevation Worship a fait le tour du monde en 2020 : « la Bénédiction ». Dans un élan d’unité, des artistes issus de toutes Eglises en France, illustrant la diversité des familles chrétiennes, ont interprété une version "indigène" du chant.


Notre coach vocale, Régine, a également participé à l'enregistrement.


Au delà du chant en lui-même, que chacun est libre d'apprécier ou non, ce "buzz" illustre une tendance, et ce qu’il exprime fait ressortir des besoins profonds de l’Eglise:

  • Le besoin de fondements dans la Parole de Dieu.


Inspiré de Nombres 6, le chant a puisé ses paroles dans l’Ecriture elle-même, souvent une lacune des chants actuels. Alors que tous ont été touchés, privés de relations, de communauté, s’éloignant parfois de Dieu, le besoin de revenir à des fondements essentiels de la foi, dans la Parole, a trouvé une résonance sans pareil.


"La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison: elle n’est point tombée, parce qu’elle était fondée sur le roc...".


Ce temps d'épreuve a parfois été l'occasion de mettre en lumière la fragilité de nos fondements en tant que communautés, et en tant qu'individus appelés à imiter Christ. Ce besoin de fondements, et de formation, est devenue encore plus évident.

  • Le besoin de s’ancrer dans l’expérience réelle.


Si la louange peut être une sorte d'évasion au ciel auprès des anges, le confinement a été une « épreuve de la foi » gravée au coeur de l’adversité. Un lieu où la foi est dépouillée du superficiel, épurée, et poussée à puiser sa force en Dieu pour affronter, au lieu de fuir, la réalité. La louange « prend chair » alors dans les circonstances de la vie et jaillit comme un cri du sein de l’épreuve.


Les chants nés du sein de l'épreuve trouvent en nous la plus grande résonance, plus que ceux qui ne font que "planer". Il suffit de se plonger dans l'histoire des Negro-Spirituals pour s'en convaincre (les participants des sessions MLK s'en souviendront).


Un lieu où la foi est dépouillée du superficiel, épurée, et poussée à puiser sa force en Dieu pour affronter, au lieu de fuir, la réalité. La louange « prend chair » alors dans les circonstances de la vie et jaillit comme un cri du sein de l’épreuve.

Dieu lui-même nous a légué les psaumes, ces prières et chants inspirés par l'Esprit, qui ont été forgés au coeur même des luttes et fragilités de l'expérience humaine. Quelle place ont-ils encore dans notre prière, dans notre culte, dans notre vie spirituelle ?

  • Le besoin de proximité et d’authenticité.


La reprise du chant "The Blessing" dans les différents pays s'est éloignée de la version originale en concert, pour représenter une mosaïque de vidéos, filmées chez soi, avec simplicité de moyens - confinement oblige.


C’est l’illustration d’une tendance de fond à rechercher plus de naturel, d’« authenticité », un mot qui résonne de plus en plus fort parmi nos jeunes, qui résonne avec proximité, intimité, vérité. Un besoin de renouveler la manière de communiquer l’Evangile, dans une culture toujours en mouvement. « Toutes les tribus, toutes les langues, toutes les nations »... y compris les tribus FB, ISG, SnapChat, TikTok, etc.

  • Le besoin de relier la communauté, les générations


Le chant invoque la bénédiction pour « ta famille, tes enfants, les enfants de leurs enfants », avec force répétition - pour le plus grand dam de ceux qui en souffrent. Au fait avez vous déjà compté le nombre de répétitions de "Lovely Day" de Bill Withers ? Mais au delà du style musical, car nous sommes bien dans une expression pop-rock de "louange", c’est encore là l'expression d'un besoin qui s'exprime.


Le besoin profond de retrouver le sens du culte en présence, en communauté avec toutes les générations. C'est un cri qui exprime le besoin d'être réunis, rassemblés en présence, et ainsi former de manière visible le peuple que « Dieu a appelé des ténèbres à son admirable lumière, afin de proclamer ses hauts faits ».



Le tout digital, une bénédiction ?


Le succès du chant illustre le pouvoir des médias : issu d'une megachurch, composé par un groupe célèbre, diffusé en masse, le chant est devenu un tube planétaire.


Il a été adapté dans de nombreux pays en version locale, avec beaucoup d'originalité parfois : voir cette version reggae qui illustre parfaitement le désir de dépasser le confinement.

Confiné.e, chacun.e était également à un clic de son Eglise locale comme d'une Eglise plus médiatisée. Grâce à la technologie, il est devenu possible d'assister à plusieurs culte en zappant d'une Eglise à l'autre, sans même bouger de son canapé (ou de son lit!).


L’avenir est-il alors réservé aux groupes et communautés héros du 2.0, aux futurs « GAFA » de la louange et des megachurches ?


Unité n’est pourtant pas uniformité - la culture évangélique reste très diverse. C'est le cas en particulier en France où elle est représentée par des communautés francophones, africaines, antillaises, asiatiques, et tant d’autres encore, parfois très distantes de la culture anglophone dominant "la louange contemporaine" (avec toutes les limites que porte ce titre).


pour une louange locale, en circuit court, sans megachurch intermédiaire, plus écologique.

Je vous laisse avec un contre-exemple, qui est survenu aussi en 2020 pendant le deuxième confinement.


C’est du sein de la vitalité des communautés de gens du voyage, très portées par la musique, qu’a émergé le jeune Kendji Girac. Artiste de la scène nationale, il a interprété sur France 2 une belle version gipsy de « Oh prends mon âme » en heure de grande audience. Un cantique traditionnel, dont la mélodie reprend un air morave devenu un hymne célèbre, et dont les paroles expriment l'espérance chrétienne.


Toujours le rôle des médias.. mais pour une louange un peu plus locale, en circuit court, et sans megachurch intermédiaire, plus écologique.


À la résonance beaucoup plus grande.

Notre coeur dans PSALT est de partager cette richesse, cette diversité. Nous prions pour l’heure que l’Eglise garde ses fondements et soit renouvelée par le Saint-Esprit, qui suscite la louange, insuffle à nouveau la vie et la joie du témoignage, même au sein de l’épreuve.

Méditations : 1 Pierre 1.1-12, 2.4-10; 2 Timothée 2.1-13


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